Encore un jour banane pour le poisson-rêve

 

Basée sur la nouvelle de J. D. Salinger, l’exposition « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » vous attend au Palais de Tokyo.

 

Ce court récit tourne autour du personnage de M. Seymour Glass, un homme récemment revenu de la guerre qui est instable psychologiquement. Ce personnage étrange préfère la compagnie d’une petite fille plutôt que celle des adultes. Il partage avec elle un monde imaginaire dans lequel vit le « banafish ». Cette créature est un poisson gourmand avec une vie tragique. Pris d’appétit, le poisson ne peut sortir des grottes à bananes où se trouve son aliment de base et connaît une fin dramatique.

Ce conte loufoque fait office de prologue pour cette exposition fascinante et troublante.

 

Entre rêve et cauchemar, souvenir et imaginaire, vous voilà projeté dans une interprétation de 20 artistes internationaux sur la question de l’enfance.

La vision de l’enfance est rarement douce. Les productions associent souvent cette période de la vie à l’abandon et à la terreur. Les atmosphères des différentes pièces vous confrontent à des univers multiples qui questionnent et abordent les angoisses des rites de passage vers la vie d’adulte.

La scénographie a été réalisée par l’artiste et réalisateur Clément Cogitore avec Laure Pichat en collaboration avec des artisans d’art. De ce travail commun se dégage la force émotionnelle de l’exposition.
Il est certain que les différents niveaux de lecture des œuvres vous plongent dans des sensations étranges. Chacun retire quelque chose de cette confrontation à l’étrange et au rêve.

 

Avez-vous l’envie et le courage d’affronter vos peurs d’enfance ?
Rendez-vous jusqu’au 9 septembre 2018 au Palais de Tokyo.

 

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Cyrielle Joly – Architecte DE – Consultante à ArchiBat RH

 

Hugo Gasnier : Concevoir et construire en terre

Hugo Gasnier a toujours été fasciné par la matière, l’espace, et la sculpture. Après avoir penché pour les Beaux-Arts, il entre finalement l’école d’architecture de Grenoble, et se forme au CRAterre, incarné dès la première année par le professeur Patrice Doat. Il découvre les architectures du monde, les dessine, les construit. Il pénètre dans le monde particulier de la construction en terre, matière de prédilection de l’enseignant, pour comprendre plus largement comment concevoir et construire. Dans le Master Cultures Constructives, il touche aussi à l’acier, au bois, à la pierre et apprend en bâtissant à l’échelle 1 dans les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau. S’il partage la philosophie d’un travail qui nécessite un ancrage local fort, qui reste proche des modes de construction écologiques et locaux, il veille aussi à internationaliser son parcours d’études.

 

L’attrait pour la pédagogie et l’international

Une année Erasmus en Belgique marque le début de nombreux autres déplacements internationaux réalisés dans l’optique d’apprendre sur la matière, de rencontrer des homologues, et toujours avec CRAterre. Des workshops en Palestine, en Autriche, puis en Chine et en Australie sont organisés par la formation spécialisée qu’il suit pendant deux ans à L’ENSAG (DSA terre). Il commence à enseigner auprès de Patrice Doat en première année d’architecture, et intègre progressivement le laboratoire CRAterre. L’équipe d’architectes, d’enseignants, de chercheurs, marque fortement sa vision de la discipline, l’ouvre aux autres corps de métier, et le jeune diplômé se fait le messager des préceptes du groupement : « C’est lorsque l’on comprend la technique que l’on se libère de la conception », et : « La terre, c’est simple, elle est là sous nos pieds ». Ainsi, pour Hugo Gasnier, l’international n’est pas un but en soi mais fait partie de la culture dans laquelle il baigne depuis plus de dix ans.

 

Réseau d’experts internationaux 

Suite au DSA, il obtient une bourse de l’Ordre des architectes américains (AIA) pour étudier les architectures en terre entre l’Arizona, l’Utah, le Nouveau- Mexique et la Californie. Ses interviews d’architectes, rencontres d’artisans, et participations aux chantiers, lui révèlent le fossé culturel entre les occidentaux qui ne stabilisent pas ou peu les constructions en terre, et les anglo-saxons pour qui il serait une hérésie de livrer un édifice en proie à la décomposition naturelle. Aujourd’hui salarié du laboratoire CRAterre, il est chargé de réceptionner les demandes des architectes français et internationaux qui souhaitent mettre en œuvre des projets en terre. Il participe régulièrement à des missions à l’étranger ou dans les DOM-TOM : au Bénin pour former des architectes et des entreprises, au Sénégal pour des recherches sur les roseaux Typha, et à Mayotte pour de l’assistance technique sur le Bloc deTerre Comprimé. Sous la direction d’Hubert Guillaud, un des fondateurs du CRAterre, il a débuté une thèse en 2015 sur le thème des terres de déblais comme ressource pour la construction des villes éco-responsables. Sa réflexion sur la matière continue sa route vers des échelles d’analyse élargies. Il enseigne toujours à Grenoble, et souhaite poursuivre dans cette voie et parmi ceux qui ont entretenu sa vocation : CRAterre.

 

Portrait réalisé par Laura Rosenbaum – Architecte DEHMONP – Docteur en Sociologie

 

Les meilleurs spots d’architecture à Hong Kong

Hong Kong est une ville monde. Très occidentalisée dans sa manière d’exister sur la scène internationale, elle a su également conserver des édifices patrimoniaux, vestiges de son passé colonial. Nombreuses sont les couleurs, nombreux sont les paysages, mais on retient une chose : Hong Kong est une ville hybride, moderne, disposant d’une architecture à la fois contrastée et innovante.

OPUS Hong Kong

Les formes de ce premier bâtiment résidentiel de Frank Gehry rappellent celles de sa maison dansante de Prague, mais avec moins de courbures. Néanmoins, Frank Gehry s’est adonné une fois de plus à ce qu’il sait faire, le déconstructivisme. Ce building contient 12 habitations grand luxe, offrant une vue panoramique spectaculaire. Chaque appartement dispose d’une série de balcons qui exaltent les détails et le style de la tour.

L’institut de Design de Hong Kong

Ce sont les architectes français Coldefy & Associés qui sont à l’origine de ce projet. Cet institut de design est un établissement d’enseignement situé à Tiu Keng Leng. La structure est une représentation métaphorique de ce qu’est la créativité, en partant du thème de la page blanche. La structure du campus a pour objectif de refléter l’aspect pluridisciplinaire de l’école, mais aussi d’inspirer les étudiants.

La « Jockey Club Innovation Tower »

Achevée en 2013 mais officiellement ouverte en 2014, la tour abrite l’école de design PolyU. C’est la renommée Zaha Hadid qui a conçu ce complexe. Son objectif était de créer un nouvel espace urbain traduisant le dynamisme d’une école résolument tournée vers le futur. L’architecte a transformé la structure classique de la tour en une composition plus fluide. Les cours intérieures et extérieures forment de nombreux espaces informels, lieux de rencontres des étudiants, en lien avec les forums d’exposition, les studios et les théatres.

Lai Tak Tsuen

Voilà un spot idéal pour faire de magnifiques photos Instagram. Au sortir des années 70, Michael Wright qui était en charge du logement à Hong Kong fit construire des lotissements publics. Toujours dans un souci d’optimisation d’espace, ces bâtiments furent construits en forme cylindrique. Lai Tak Tsuen est l’un des plus vertigineux, emblématique de ces années coloniales.

Aussi beau et fou que cela puisse paraître de l’extérieur ou du point de vue d’un photographe, les appartements dans ces tours sont très simples et en état de délabrement. Comment les personnes âgées réussissent-elles à monter les escaliers jusqu’au 26e étage sans ascenseur ? C’est sans doute l’un des secrets de leur longévité, mais, dans l’une des villes les plus chères du monde, elles n’ont probablement pas le choix.

Le complexe Chi Lin Nunnery

Voilà un exemple idéal pour illustrer ce qu’est Hong Kong, à la fois futuriste mais aussi historique.

Établi en 1934 puis rénové en 1990, ce grand complexe bouddhiste se compose d’une série de temples, d’étangs couverts de lotus, de statues en or, argile et bois. Ces temples issus de la dynastie Tang se situent au sommet de la colline de Diamond. Mais en quelques foulées, vous vous retrouverez au beau milieu d’une forêt de tours des années 80.

THR350

C’est en 2013 que la célèbre agence d’architecture et de design Aedas a terminé l’étonnante demeure THR350. Cette maison privée de neuf étages, acclamée par la communauté internationale du design, se distingue par le mélange de différents matériaux, ses courbes anguleuses et ses grands panneaux de verre qui régulent la quantité de lumière et de chaleur entrant dans les pièces. Lorsque l’on souhaite de l’intimité, des lames de bois permettent de diffuser la lumière tout en empêchant toute vue de l’extérieur.

Choi Hung Estate

Voilà encore un lieu idéal pour de beaux clichés. Ces immeubles arc en ciel dans les tons pastel ont servi pour des tournages de clips musicaux. Construit en 1962, ces bâtiments abritent toujours une population importante puisque plus de 18 000 personnes y vivent encore. Développés dans le cadre d’une politique sociale pour les familles à faibles revenus, la légende dit que les couleurs de sa façade étaient destinées à préserver la bonne humeur des résidents.

Le Pavillon M +

Ouvert en septembre 2016, le Pavillon M + sert désormais de site principal pour les expositions du musée de la culture visuelle. Symbole d’innovation et d’architecture respectueuse de l’environnement, ses espaces d’exposition sont notamment dédiés aux artistes émergents. Ses grandes façades miroitantes lui confère un aspect futuriste et son énorme balcon permet d’avoir une vue magnifique sur la baie de Hong Kong.

La Maison Bleue

La Maison Bleue est l’un des derniers sites qui représente encore le riche patrimoine culturel de Wan Chai. Mélangeant des éléments coloniaux occidentaux avec des caractéristiques traditionnelles chinoises, il a été construit à l’origine comme un hôpital, il fut plus tard transformé en temple puis en école de kung fu.

Tai Kwun

Auparavant, c’est sous le nom de Central Police Station que ce complexe était connu. Ensuite ce fut le Central Magistracy et enfin la Victoria Prison. Ce complexe récemment converti est désormais le nouveau centre de design et d’art de Hong Kong. Ce site permet d’accueillir des performances artistiques contemporaines ainsi que des spectacles. Il propose également des visites historiques afin de perpétuer la mémoire des lieux.

 

Festival Paris l’Été : Un ailleurs imaginaire

Ce week-end, le Festival Paris l’Été a débuté à Paris. Autant dire que s’offre à vous pour quelques jours,  la découverte de nouveaux artistes ainsi que de nouveaux lieux. J’ai eu l’opportunité de tester trois événements très différents, mais avec un point commun fort : le spectateur se trouve balancé dans un entre-deux, opposant réalité et fiction. 


Il est vrai que si l’on se rend au Petit Palais pour voir l’exposition des Impressionnistes en Exil, on se voit transporté dans des paysages et des scènes de genre, empreintes d’une réalité historique accompagnée d’une dimension fictive. Ces instants retranscrits sont narrés à travers les yeux des peintres. Cependant, ce qui m’a marqué dans cet extrait du Festival, c’est la conquête des trois dimensions par les artistes. Les œuvres vous impliquent réellement physiquement. 

 

Lignes ouvertes – Tatatiana-Mosio Bongonga

Sur la Butte Montmartre, flotte, vendredi soir, une femme. Portée par l’Orchestre de Chambre de Paris, elle évolue à 35 mètres au-dessus du sol avec une légèreté qui défie la gravité. Cette funambule aux allures de guerrière capte le regard des touristes. Dans sa lente marche vers le Sacré Cœur, elle arrête presque le temps. L’œuvre existe par l’échange entre la funambule et les spectateurs. Le fil disparaît presque dans le paysage et Tatatiana-Mosio Bongonga vole au-dessus des toits de Paris. Elle offre un vrai moment de rêve. 

 

De la confusion des règnes – Johny Lebigot

Dans les deux salles du Lycée Jacques Decour, se glissent les œuvres de l’artiste plasticien Johny Lebigot. Comme dans un musée d’histoire naturelle, ces sculptures fascinantes sont répertoriées. La scénographie particulièrement soignée présente les œuvres comme des éléments de la diversité du vivant. 

On peut observer la collecte de matériaux divers (végétaux, minéraux ou animaux) qui forment un tout. 

Créées à partir de ressources réelles, l’artiste nous invite à découvrir ses sculptures dans un univers poétique et décalé. Les œuvres sont organisées de façon à inciter le promeneur à la flânerie de façon non-linéaire afin d’en appréhender toutes les faces.

Impossible d’interpréter ces sculptures comme des objets communs, elles perturbent vos certitudes. 

 

Museum of the Moon – Luke Jeeram 

Dans la piscine Edouard Pailleron prend place une lune de 7 mètres de diamètre. Luke Jeeram vous décroche cet astre et vous offre une expérience nouvelle dans ce bâtiment conçu dans les années 1930. La vraisemblance de cette sculpture est impressionnante. Si votre voisin ne pratique pas le papillon, vous aurez l’occasion de profiter d’un bain de minuit en plein Paris. Un fond musical, de musique classique ou composé d’extraits radios de la NASA, rend l’expérience encore plus immersive voir méditative. Vous vous sentez réellement transporté. Comment ne pas être émerveillé par ce moment hors du temps ? 

Trois lieux, trois artistes et trois univers… le Festival Paris l’Été vous invite dans un ailleurs créatif jusqu’au 4 août. Je vous conseille de profiter de ces événements atypiques. Suivez notre compte Instagram  « myarchibat » pour découvrir de nouvelles expériences artistiques et architecturales.

Cyrielle Joly – Architecte DE – Consultante ArchiBat RH

L’art et le numérique conjugués pour une expérience muséographique nouvelle

Commençons par planter le décor. Dans une friche de notre passé industriel, se tient un écrin coloré. L’Atelier des Lumières a investi, depuis 2013, une ancienne fonderie familiale qui, après la crise des années 30, avait fermé ses portes pour laisser place à 65 années d’exposition de machines-outils pour une entreprise spécialisée.

Vous avez dû mal à imaginer le lien avec l’exposition muséale, patience, on y vient.

L’atelier des Lumières est un centre d’art numérique qui propose, durant une heure, une expérience en trois actes. En tant que visiteur, vous rentrez dans la pénombre, dans un lieu, avec une hauteur sous plafond d’une dizaine de mètres, presque vide, bien qu’occupé par quelques vestiges propres à son histoire. Impressionnant, n’est ce pas ?

En musique, l’ancienne fonderie s’efface et l’espace se voit investi par des couleurs. Grâce aux 140 projecteurs, le spectacle prend place sur les murs et sur le sol. L’accès aux œuvres est inversé. Ce n’est plus vous qui allez de toile en toile, ici, vous faites face, durant un moment éphémère, aux œuvres qui sont en mouvement. L’immersion est totale.

 

 

Dans ce théâtre de l’instant, j’ai assisté à un moment unique où des jeunes parents baladaient leur bébé émerveillé par l’art devenu vivant.
Ce lieu, initialement brut et froid, devient même un lieu de romance dans lequel des couples improvisent quelques pas de danse. Dans l’Atelier des Lumières, pas de cartons explicatifs, vous faites face à vos émotions et à votre propre lecture de cette mise en scène.

On peut arpenter le lieu ou s’asseoir dans différentes ambiances. L’espace est subdivisé en sous-ensembles dans lesquels vous pouvez voir, par exemple, se refléter la projection sur des miroirs donnant ainsi une toute autre lecture. Les tableaux ne sont pas complets, des détails sont mis en avant pour rendre ludique la projection.

Rappelez-vous, je vous ai parlé de trois actes… La projection commence par des œuvres de Friedensreich Hundertwasser pour ouvrir l’appétit des visiteurs venus voir les toiles du maître viennois, Gustav Klimt.

Cependant, entre les deux « programmes », le lieu est chamboulé par un algorithme. Sur un fond noir, l’espace se voit couvert de formes et d’une explosion de lumière, conçu par une intelligence artificielle. C’est un ballet féerique. Le studio OUCHHH crée un interlude posant question sur la création artistique contemporaine.

La séance se clôture sur les œuvres de Gustav Klimt à l’occasion du centenaire de sa disparition.

Vous sortez, de l’Atelier des Lumières, différent. Cette expérience vous lie autrement aux œuvres. C’est l’occasion, de mon point de vue, de faire découvrir des artistes et des oeuvres à ceux qui ne sont pas muséophiles.

 

Je vous invite à vous rendre à l’Atelier des Lumières pour vivre et partager un moment fort jusqu’au 11 novembre 2018.

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Cyrielle Joly – Architecte DE – Consultante à ArchiBat RH

 

Junya Ishigami : De l’architecture à la nature

Au sein de la fondation Cartier, toute de transparence et de reflets, se tient l’exposition Freeing Architecture. Ce lieu met en scène merveilleusement les productions architecturales aux allures oniriques de l’architecte japonais Junya Ishigami. Cet ancien de chez SANAA, tend dans son travail à faire dialoguer l’échelle de la nature avec celle de l’Homme.

Une vingtaine de projets d’équipements en Europe ou Asie se regroupent dans trois salles. Principalement illustrés par des maquettes de grandes dimensions, la finesse des projets et leur écriture ludique révèlent des projets complexes. 


Sur un mur, s’étale le répertoire dessiné de chaque arbre devant être déplacé et replanté dans le cadre d’un projet hôtelier. Une philosophie et une conception très ancrée sur la nature qui pose question sur la durabilité des interventions en raison de l’usage important du béton et des sites de projets souvent retirés.

Le côté poétique de la production de Junya Ishigami + Associates est bien réel et se trouve loin d’être chimérique. Il s’avère que l’ensemble des projets présentés dans l’exposition sont des projets construits ou en cours de construction. L’écriture minimaliste et poétique des projets vient d’une grande technicité mise en œuvre.


L’intérieur dialogue avec l’extérieur comme le bâti interroge et révèle le paysage.

Après cette visite en nocturne dans le cadre des nuits nomades de la fondation, s’est déroulé un entretien d’une heure entre le critique d’art Suisse, Hans Ulrich Obrist et Junya Ishigami. 

J’ai vécu cet échange comme un moment précieux. À l’arrière de la fondation, dans son jardin, de manière presque intimiste nous avons pu assister à une conversation riche traduit simultanément du japonais au français et inversement.

Hans Ulrich Obrist a amené Junya Ishigami à s’exprimer sur des sujets d’actualité comme l’architecture dans la ville, mais aussi très personnelle sur ses inspirations et sa manière de concevoir.

Je retiens de cette conversation un parti architectural qui s’appuie sur la nature et s’inscrit finalement dans une tradition japonaise : le paysage même naturel est construit par l’homme. Un rocher bien que déplacé n’en est pas moins naturel. L’architecture devient un phénomène naturel que l’architecte accompagne et révèle.J’ai ressenti que pour Junya Ishigami, l’architecture doit être faite de multitude de points de vue à l’image de notre société pour que chacun puisse s’y retrouver. 

L’exposition séduit autant qu’elle surprend, révélant un jeune architecte de 44 ans. Il me reste le sentiment que Junya Ishigami doit faire face à un combat féroce pour obtenir une architecture qui semble se défaire des contraintes conventionnelles.

Au vu de son succès l’exposition sera prolongée jusqu’au 9 septembre 2018.

Inspirée par son contenu, je vous recommande vivement de flâner dans cette première exposition de la fondation Cartier dédiée à un Architecte.

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Cyrielle Joly – Architecte DE – Consultante à ArchiBat RH

 

Xavier Ricou, du Sénégal à la France, de la France au Sénégal

Xavier est né en 1959 au Sénégal, d’un père français employé de banque et d’une mère sénégalaise, juge hautement renommée. Après une enfance passée à Dakar, la famille déménage à Paris dans un contexte de « sénégalisation » des postes. Pour Xavier, l’architecture n’est pas une vocation, mais comble un fort désir de création, d’observation et de compréhension du monde. Il étudie à l’Unité Pédagogique d’Architecture n°1 du Quai Malaquais pendant six ans, dont deux années dans l’atelier « Tiers-Monde » dirigé par Patrice Dalix. Les voyages rythment son parcours : Égypte, États-Unis, Tunisie, l’étudiant compile des expériences culturelles et rencontre sa future épouse d’origine roumaine. Le diplôme d’architecte obtenu, il réalise son service militaire en coopération. Ainsi démarre sa carrière d’architecte, d’urbaniste, de maître d’ouvrage, d’écrivain, d’historien, bref, de professionnel accompli.

Vingt ans pour la France à l’étranger

La première année, Xavier exerce l’architecture pour le compte du ministère de l’Equipement au Burkina Faso. Expérience marquante, il rentre en France en moto en traversant le Sahara. Le ministère des Affaires étrangères en France lui propose une mission d’urbanisme de quatre ans au Pérou, où sa première fille naît. Puis il est affecté six ans en Côte d’Ivoire comme architecte au ministère de la santé. Une mission de deux ans lui est par la suite confiée à l’Agence d’Urbanisme et d’aménagement de Guadeloupe afin d’y développer des opérations de résorption d’habitat insalubre, période pendant laquelle sa deuxième fille voit le jour. Il réalise ensuite pendant trois ans une mission d’urbanisme au Cameroun. En 2004, vingt ans après l’obtention de son diplôme, les missions de coopération internationale se raréfient et Xavier cherche donc à s’insérer sur le marché professionnel français. Mais avec un parcours aussi diversifié, la tâche n’est pas aisée. C’est alors qu’il choisit d’inscrire sa trajectoire dans le sillon de ses ancêtres sénégalais.

Retour au Sénégal

Décidé à poursuivre des travaux généalogiques initiés par son grand-père, il part à la rencontre de ses ancêtres à Saint-Louis du Sénégal où l’UNESCO le charge d’élaborer le Plan de Sauvegarde et de mise en valeur de la ville, classée au Patrimoine mondial. Parallèlement, il informatise les données anciennes, collecte de l’iconographie, réalise des interviews. Son histoire familiale, l’histoire du Sénégal et de la construction des villes deviennent ses passions. Il écrit des ouvrages, donne des conférences et des cours sur ces sujets, bref devient un expert du patrimoine. Toujours animé par les mêmes passions, il choisit de rester au Sénégal, où il devient directeur des grands travaux à l’APIX, agence nationale de promotion de l’investissement et des grands travaux. Agissant en tant que maître d’ouvrage, il coordonne des projets ambitieux orientés vers le futur tels que la construction d’autoroutes ou de nouveaux quartiers. 

Gorée, un centre du monde

Xavier est désormais établi dans sa maison d’enfance familiale sur l’île de Gorée, face à Dakar. Egalement classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, « l’île-mémoire » de la traite négrière en Afrique accueille chaque année des milliers de visiteurs et des personnalités du monde entier : présidents, rois ou responsables de sociétés, l’occasion pour Xavier de faire, sans bouger de chez lui, une multitude de rencontres. Afin de mieux accompagner et réguler le développement touristique du site, Xavier s’attelle à titre privé à la construction d’un téléphérique qui reliera Dakar à son île.

Portrait réalisé par Laura Rosenbaum – Architecte DEHMONP – Docteur en Sociologie

Le musée d’histoire naturelle de Chengdu

C’est durant un concours international que l’agence Pelli Clarke Pelli Architects s’est démarqué en remportant le projet du musée d’histoire naturelle de Chengdu en Chine. Des grandes agences concourraient pour ce prestigieux projet, telles que Zaha Hadid Architects, FUKSAS, Hussey Harris, Nihon Sekkei ou encore Valode & Pistre. 

Le bâtiment puise son inspiration dans le paysage naturel du bassin du Sichuan. L’impact de la structure géologique laissé sur l’environnement au fil du temps, par les mouvements des plaques tectoniques, ont largement inspiré les concepteurs. Ces forces ont créé des formes uniques qui caractérisent l’environnement naturel de Chengdu. L’ancien système d’irrigation à eau a également inspiré les espaces extérieurs, alimentant les bassins qui encadrent le musée. Chengdu est considéré comme une ville en plein essor de par sa force entrepreneuriale, ce musée constituera un important point de repère culturel pour la ville.

Conçu en collaboration avec le China Southwest Architectural Design and Research Institute Corps, ce musée, situé dans la partie orientale de la ville historique de Chengdu, offrira plus de 62 000 mètres carrés d’espace.

L’édifice comprendra des espaces d’exposition ainsi que des espaces éducatifs innovants, mais pourra aussi accueillir des expositions permanentes, temporaires ou interactives. Une boutique de cadeaux prendra place également, mais aussi un café, des cinémas et des espaces extérieurs pour la détente.

L’atrium sera le cœur vibrant du bâtiment, traversé par des ponts aériens, reliés aux expositions et aux espaces publics d’agrément. La lumière inondera cet espace généreux qui sera en lien visuel avec la ville, la rue, l’entrée principale et le réseau d’irrigation des jardins environnants.

Ce qui fait de ce bâtiment un édifice hors du commun, c’est au niveau de l’expérience visiteur. En effet, l’impression visuelle du bâtiment est verticale, alors que lorsque l’on pénétrera dans le musée, l’expérience à échelle humaine sera horizontale. Ce bâtiment incarnera ainsi le caractère unique de la ville de Chengdu.

Si tout se passe bien, le musée d’histoire naturelle devrait ouvrir ses portes en 2021.

Partir travailler à l’étranger, un rêve accessible

Vous êtes animé par une envie d’ailleurs, celle de découvrir un autre pays tout en enrichissant votre expérience et bien sûr, gagner un peu d’argent, mais vous ne savez pas par où commencer et quelle formule choisir. Selon les pays et les types de contrats, les législations changent, certaines sont plus souples que d’autres. Découvrez ici quels sont les moyens pour aller vivre son rêve à l’étranger.

Les PVT ou Permis Vacances Travail

Sûrement le moyen le plus connu pour s’expatrier, le Permis Vacances Travail est aussi appelé Working Holiday Visa ou encore Programa de Vacaciones y Trabajo. Ce visa permet aux 18-30 ans, voire 35 ans pour certains pays tel que le Canada, de pouvoir quitter la France et partir à l’aventure durant une année entière en ayant la possibilité de travailler dans le pays hôte afin de financer son voyage. Ce visa peut se renouveler une année supplémentaire selon les pays.  De nombreuses destinations qui font rêver proposent le PVT telles que les pays du Pacifique (Nouvelle-Zelande, Australie), beaucoup de pays asiatiques comme le Japon, Singapour, la Corée du Sud, Hong Kong, Taiwan, et aussi quelques pays d’Amérique et d’Amérique du Sud, Canada, Chili, Colombie et Argentine.

L’éligibilité pour profiter d’un PVT change selon les pays visés bien entendu. Tout d’abord, le candidat doit justifier à la fois d’un billet d’avion retour et d’un certain montant sur son compte en banque (1700€ pour le Canada, 2500€ pour la Corée du Sud)

Une visite médicale peut être demandée également avant le départ. Des frais de dossiers sont à prévoir entre 100 et 300€ environ.

Une fois votre PVT obtenu, pour maximiser vos chances de trouver un travail, renseignez-vous sur les forums dédiés, faites jouer votre réseau, et surtout armez-vous d’un CV conforme aux critères du pays et faites du porte à porte. Si vous disposez d’un permis de conduire, faites votre demande pour obtenir un permis international et souscrivez à une assurance santé telle que AVI.

Si vous souhaitez davantage d’informations, rendez-vous ici

Le Service Civique

Ouvert à tous les jeunes, âgés de 16 a 25 ans (ou jusqu’à 30 ans pour les jeunes handicapés), ce procédé ne nécessite pas de formation spécifique, ni de compétences particulières. Les missions peuvent aller de 6 à 12 mois et concernent les 9 domaines d’intervention suivant : solidarité, santé, éducation pour tous, culture et loisirs, sport, environnement, mémoire et citoyenneté, développement international et action humanitaire, intervention d’urgence (les actions à caractère politique ou religieux sont exclues).

Vous toucherez au minimum 507,21 € brut et vous percevrez en plus 106,31 € correspondant aux frais d’alimentation ou de transports. Un supplément de 115,46 € brut peut vous être accordé si vous êtes boursier échelon 5, 6 ou 7 ou bénéficiaire du RSA jeune actif.  Toutes les infos à retrouver ici.

Le Service Volontaire Européen (SVE)

Issu du programme Erasmus +, il permet aux jeunes de 18 à 30 ans résidant dans l’UE de participer à des activités dans différents domaines tels que le sport, la culture, l’environnement ou la protection civile. Participer au SVE ne requiert aucun diplôme ou niveau de langue particulier. Les missions peuvent durer entre 2 et 12 mois. Une indemnité mensuelle allant de 50 à 160 euros selon le pays est versée. La liste des organismes associatifs agréés est disponible ici.

Le Volontariat International en Entreprise (VIE)

Ce système permet de partir pour une mission professionnelle à l’étranger au sein d’une entreprise française. D’une durée de 6 à 14 mois, ce contrat est renouvelable dans la limite des 24 mois. Il faut avoir entre 18 et 28 ans, être résident de l’Union Européenne, avoir un statut étudiant ou diplômé en recherche d’emploi.

Généralement le VIE occupe un poste commercial, technique, scientifique, marketing, culturel…  33% des offres sont basées en Europe, 21% en Asie Pacifique et 15% en Afrique Amérique du Nord. Une indemnité mensuelle de 1 200 à 2 500 € est versée au volontaire, couverture sociale incluse et le logement est pris en charge selon les pays. De nombreuses entreprises embauchent suite à des missions en VIE.  Les offres de mission sont consultables sur Civiweb.

Le Volontariat International en Administration (VIA)

Si vous avez entre 18 et 28 ans, que vous êtes encore étudiant ou diplômé en recherche d’emploi, issu de l’Espace Economique Européen, vous pouvez prétendre au VIA. Vous devez cependant accepter les obligations de discrétion, de convenance et de réserve liées à la nature diplomatique de la mission.

La mission se déroulant dans une ambassade, un consulat, un établissement culturel, un laboratoire scientifique ou tout autre organisme partenaire ou sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères, vous vous devez de respecter le secret professionnel.

Ces missions peuvent durer entre 6 et 24 mois, et l’indemnisation peut aller de 701,90 € à 3 545,42 € par mois selon les pays. Les offres de mission sont à retrouver sur Civiweb.

Les missions humanitaires

Sûrement l’un des moyens les plus populaires mais pourtant pas le plus simple à trouver. D’une durée de 6 mois à 1 an, ces missions sont proposées par une trentaine d’ONG agréées par le Ministère des Affaires étrangères. On peut accomplir plusieurs missions pour une ou plusieurs ONG, à la seule condition de ne pas dépasser 6 années au total. Toutes ces missions auront lieu en dehors de l’Espace Economique Européen.

Pour pouvoir intégrer une mission humanitaire, il faut être majeur, parfois avoir au moins 21 ans, sans condition de nationalité. Selon le pays dans lequel vous vous trouverez et les conditions de la mission, vous percevrez une indemnité obligatoire de 100 € à 813,07 €. Ce n’est pas un salaire, vous ne serez donc pas soumis à l’impôt sur le revenu, ni aux cotisations sociales (chômage notamment). Toutefois, les frais de voyage et la couverture sociale sont pris en charge.

Au retour, des aides financières peuvent vous être proposées : une prime d’insertion professionnelle (plafonnée à 2 001 € maximum) est versée aux volontaires qui ne bénéficient pas des allocations chômage et éventuellement une indemnité de réinstallation après deux ans de mission minimum (3 700 € maximum).

Fille ou garçon au pair

Généralement le meilleur moyen pour s’immerger dans un pays en partageant le quotidien d’une famille étrangère et y apprendre la langue, la culture etc. Il faut pour cela avoir entre 18 et 30 ans, peu importe la nationalité. Vous devrez garder les enfants de la famille d’accueil et aider aux tâches domestiques quotidiennes. Normalement, la famille d’accueil vous donnera de l’argent de poche, et vous serez obligatoirement nourri et logé.

Vous pouvez partir n’importe où dans le monde pour un séjour au pair, mais il est préférable de choisir un endroit où l’on est en mesure de parler un minimum la langue. Mettez-vous bien d’accord avec les parents sur les tâches que vous aurez à accomplir pour éviter toute mauvaise surprise. Pour trouver une famille, vous pouvez passer par des agences, souvent payantes, mais également par le site https://www.aupairworld.com/fr

Les expériences à l’étranger sont un vrai plus pour votre CV. Elles vous apporteront beaucoup, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel car vous développerez un nouveau savoir-être, vous ferez un grand bond au niveau de l’autonomie et vous reviendrez transformé. Prenez votre courage à deux mains et allez-y !

Petit espace, confort et fonctionnalités optimales

En développant des systèmes modulaires intégrés et déclinables, BicBlock, studio de design hispano-anglo-saxon, nous prouve que l’on n’a pas nécessairement besoin d’un grand espace pour s’offrir un chez-soi confortable, moderne et fonctionnel.

Ce studio d’architecture intérieure a restructuré une maison victorienne mitoyenne de quatre étages en plusieurs studios d’une superficie de 18 m² chacun, en proposant des aménagements modulaires standards.

Chaque appartement se compose d’un ensemble de modules qui se complémentent et s’emboitent pour offrir tout le confort nécessaire. Le lit, la cuisine ou les rangements sont astucieusement imbriqués. Toutes les fonctionnalités de l’habitation sont réunies en un bloc qui, progressivement, dévoile ses secrets. Seule la salle de bain est un espace à part.

Afin de réduire les coûts et surtout le temps de production, BicBloc a conçu ces modules pour qu’ils puissent s’adapter à chacun des 14 appartements du bâtiment, en déclinant toujours ce concept de tout réunir en un seul bloc.

Du simple studio au deux pièces, l’ancienne maison particulière devenue immeuble collectif propose également des espaces communs et un grand jardin à l’arrière. Idéal pour des étudiants venu faire une halte outre-manche !