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Regards croisés France / Chine : Portrait de l’architecte Marlène Leroux & Francis Jacquier 1/2

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Le parcours de Marlène Leroux, architecte EPFL, et de son associé Francis Jacquier, également architecte EPFL, s’avère unique en son genre. A la fois exemplaire, car les deux jeunes architectes n’ont pas ménagé leurs efforts pour atteindre des objectifs ambitieux, et inclassable, car en 2008, le duo a réussi un tour de force, celui de fonder et de développer Archiplein, leur agence d’architecture à Shanghai avec deux associés et architectes chinois, Fang Wei-Yi, et Feng Yang. Francis Jacquier étant à l’école de Chaillot au moment de cette interview, c’est Marlène Leroux qui se prête au jeu de l’interview avec finesse et enthousiasme.

Marlène Leroux, pourquoi opter pour le métier d’architecte?

Cela faisait des années que l’architecture m’intéressait mais sans m’en rendre compte, car l’une de ses caractéristiques réside dans sa pluridisciplinarité. Par conséquent, c’est souvent la juxtaposition de plusieurs centres d’intérêt –  dans mon cas, les visites de monuments, mon investissement dans les travaux de réhabilitation de la maison de vacances de mes parents et surtout la réalisation de maquettes – qui traduisaient un intérêt possible envers cette discipline.

Depuis le début de vos études en 2000, votre trajectoire professionnelle et celle de Francis Jacquier sont étroitement liées, est-ce exact ?

Oui, c’est tout à fait le cas en effet. Cela fait partie d’un de ces heureux hasards de la vie ou alors est-ce une simple coïncidence ? Je ne sais pas. A l’école nationale supérieure d’architecture de Lyon, les groupes de travail étaient constitués par ordre alphabétique, J…K…L… C’est ainsi que nous sommes rencontrés dès la première semaine. Puis, nous sommes partis en Erasmus la même année à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Pour répondre clairement à votre question, nous avons d’abord étudié ensemble, puis travaillé ensemble, puis cohabité, pour finalement former un couple quatre années après notre première rencontre. Sur le plan personnel, nous avons franchi les étapes à contresens.

Vous avez effectué la moitié de vos études à Lyon et l’autre à l’EPFL, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

J’ai intégré l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon en 2000 et je me suis tout de suite sentie dans mon élément. La pédagogie de cet établissement était élaborée autour de la question du rôle de l’architecte dans la société et celle de sa légitimité, une approche très sociologique de l’architecture finalement. C’était très intéressant parce que l’on prend conscience que l’architecte a un rôle social à jouer non négligeable. Le revers c’est que l’on porte constamment en soi une certaine culpabilité, une sorte d’angoisse diffuse lors de chaque rendu de projet. Or, c’est difficile aussi jeune de ne pas se laisser paralyser par cela, de persévérer afin de mener ses propres expériences. En quatrième année, nous avions la possibilité de partir en programme Erasmus. L’EPFL m’a semblé être un bon choix, et vraiment cela s’est avéré être le cas. Il existe une grande exigence de la part du corps enseignant, beaucoup de pragmatisme aussi : Les projets doivent se concrétiser, être élaborés à l’aide d’une méthodologie extrêmement précise couvrant toutes les phases du projet. Une fois notre maîtrise d’architecture validée à Lyon, nous avons décidé d’effectuer dans leur intégralité la seconde partie de nos études à l’EPFL. Notre conception et notre façon de pratiquer l’architecture actuelle synthétisent la vision architecturale, très complémentaire, de ces deux établissements.

En 2005, Francis et vous-même êtes partis en Chine pour effectuer un stage de huit mois, comment en avez-vous eu l’idée?

A l’EPFL, à l’occasion de l’année de césure, les deux tiers des étudiants en profitent pour partir à l’étranger. Au lycée, pendant quelques années, j’avais commencé à apprendre le chinois comme troisième langue vivante. Comme je n’aimais pas l’orthographe, je trouvais génial qu’il existe une langue qui comporte de la grammaire, une prononciation complexe, mais pas d’orthographe. J’avais aussi commencé à m’intéresser à la culture chinoise, à rencontrer des étudiants chinois. A Lyon, nous avons assisté à des conférences sur la Chine, notamment celles de Françoise Ged, architecte et sinologue, actuellement directrice de l’Observatoire de l’Architecture de la Chine contemporaine à la Cité de l’Architecture à Paris. Nous avons alors pris contact avec elle. Sa réaction a été immédiate, elle nous a très bien conseillé et orienté.

Où avez-vous effectué votre stage ?

Nous avons effectué notre stage à l’Institut des projets urbains de Tongji. Cet organisme d’état compte cinq cents personnes, réparties dans six studios. Le nôtre s’appelait ‘Studio international’ et comptait trente employés. Notre chef principal était à la fois directeur de l’institut et responsable en chef de notre studio, ce qui nous a beaucoup facilité les choses. Nous étions leurs premiers stagiaires étrangers. Nous avions l’impression d’avoir toutes les clés en main pour découvrir la Chine. C’était fantastique.

Quelles relations entreteniez-vous avec vos supérieurs et collègues chinois ?

Ce stage nous a été très utile pour comprendre le mode de fonctionnement professionnel en Chine. Nos supérieurs et nos collègues avaient du mal à nous donner un âge, ils trouvaient que nous ressemblions à des jeunes adolescents, ce qui nous décrédibilisait complètement. Puis, un programme de réflexion et d’échanges d’architectes s’est organisé entre l’institut et une délégation d’architectes français ; Françoise Ged pilotait l’opération. En Chine, à l’institut, comme nous étions les seuls français, nous avons modifié la scénographie, réadapté la présentation des projets pour qu’ils répondent un peu plus aux normes de l’architecture internationale. Quand les Chinois ont vu que nous étions capables de mener un projet à bien et à terme, leur  attitude à notre égard s’est alors complètement transformée. Nous ne prenions pas de décisions, mais nous étions tout le temps consultés. Nous en avons aussi profité pour réaliser un cahier de voyage car à l’époque nous ne pensions pas revenir en Chine. L’institut nous a permis de l’éditer à une centaine d’exemplaires. A l’occasion de son « lancement », nous avons même donné une petite conférence. Les Chinois sont très doués pour vous donner le sentiment que ce que vous dites, a de l’intérêt.

Hubert de Malherbe : comment réduire le déficit de la France ?

Hubert de Malherbe

 

Comment réduire le déficit de la France ? La solution du designer Hubert de Malherbe !

 

 

Regards croisés France / Chine : Portrait de l’architecte Wang Yingbo 2/2

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Ensuite, vous réintégrez un cursus d’architecte DPLG à l’école d’architecture de Bordeaux ?

Oui, de 2003 à 2005, je suis directement rentré en 5ème année. Et j’ai pu collaborer à un programme d’échanges entre l’école d’architecture de Bordeaux et l’université de Wuhan ; notre objectif étant de croiser nos propositions vis-à-vis du réaménagement  urbain de la ville de Jingzhou. Cette ville historique est entourée d’un rempart, le reste de la ville n’étant pas préservé. Nous avons dressé une typologie des habitats traditionnels, fait émerger ce qu’il fallait conserver ou pas. C’était vraiment très intéressant d’adopter une approche « occidentale » de l’urbanisme de mon pays. Je pense qu’en terme de conception, en Chine comme en France, il existe de bons architectes. En France, en revanche, pendant la formation, une attention très forte est portée au contexte, ce qui n’est pas le cas en Chine, faute de temps pour répondre à une demande très tendue. Or actuellement, je pense que les Chinois bénéficiant de cette double approche – européenne et chinoise – ont un vrai savoir-faire à apporter sur ce point. M. Brochet est le professeur qui a organisé le programme et le voyage d’étude. Il est ensuite devenu mon directeur d’études. En 2005, j’ai obtenu mon diplôme d’architecte DPLG, et M. Brochet m’a embauché dans son agence.

 S’agit-il de l’agence Brochet-Lajus-Pueyo?

Oui, c’est un cabinet d’architecture bordelais qui compte trois associés et quarante salariés. Cette structure a établi sa réputation dans la conception et la réhabilitation de projets culturels. On lui doit notamment la réhabilitation du musée de l’Orangerie à Paris, du musée Fabre à Montpellier, la conception de nombreuses médiathèques, des centres culturels, d’expositions, … Au sein de l’agence, j’ai travaillé à des concours en phases d’exécution pour des réhabilitations. C’était très varié et intéressant. En 2008, j’ai continue à travailler pour la même agence mais à Paris, afin de suivre mon épouse qui venait d’être mutée à Paris. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler directement à la réhabilitation du Musée de l’Homme.

Vous est-il possible de décrire ce projet et votre implication dans celui-ci ?

Le Musée de l’Homme est un musée qui fait également office de laboratoire de recherche scientifique. Le programme est ainsi mixte, et comprend une surface de 17000m2. La moitié de la surface est dédiée à l’accueil du public, l’autre aux collections et aux plateformes scientifiques. Le bâtiment est classé monument historique en clos et couvert (murs et toitures). L’architecte en chef des monuments historiques, le maître d’oeuvre ACMH, Jean-François Lagneau, gère cette phase du projet, tandis que l’agence Nebout assure la direction du chantier, et le cabinet Brochet-Lajus-Pueyo associé à l’atelier d’architecture Emmanuel Nebout, prend en charge l’aménagement intérieur. Il s’agit d’une réhabilitation lourde en site occupé car le Musée de la Marine ouvert au public est juxtaposé au Musée de l’Homme. La structure du bâtiment doit être renforcée voire même démolie dans certains cas et reconstruite, cela engendre beaucoup de travail. Cependant, j’apprécie le côté un peu casse-tête du projet car je ne m’ennuie jamais.

Quelles sont les qualités selon vous pour assurer la coordination des phases d’exécution d’un projet de cette envergure ?

Il faut être conscient de sa chance. Vous avez vu la beauté de ce site ? Et la vue ? C’est fabuleux, ça donne envie de s’investir. C’est aussi important de trouver un équilibre entre un peu d’autorité et beaucoup de doigté. Un chantier, vous savez, c’est l’art de la délicatesse.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel ?

A court et moyen terme, terminer la réhabilitation de ce chantier. En architecture, je m’oriente progressivement vers une carrière de directeur de chantier. Cependant, l’aspect créatif me manque, car mon objectif c’est de réussir à créer quelque chose d’innovant et d’abouti en architecture comme en cuisine. Ce sont des métiers que je peux exercer dans les deux pays, ce qui est important, car je ressens la nécessité d’intégrer cette double culture, chinoise et française, dans mes choix professionnels à l’avenir. En fait, je ne veux pas avoir à choisir une culture au détriment d’une autre, car je suis très attaché aux deux.


Une Passion ? 

La gastronomie, l’œnologie, la mer …

Vos sources d’inspiration ? 

En cuisine, Benjamin Toursel, le chef étoilé de l’auberge du prieuré à Moirax. Il réussit à faire émerger la spécificité de chaque ingrédient grâce à des combinaisons complexes mais dont le rendu final semble d’une évidente simplicité. En histoire de l’art, j’ai beaucoup étudié les mouvements artistiques français jusqu’au début du XXème siècle : la peinture classique, le réalisme, l’impressionnisme,…

La France pour vous c’est…

Mon deuxième pays

Et la suite ?

A terme, mettre une stratégie en place permettant de vivre la moitié du temps en Chine et l’autre en France.

Réussir son CV : la suite !

Young smiling woman holding her resume and applying for a job

Réussir son CV : la mention des langues

Evitez le “lu, écrit, parlé” qui date vraiment et passez aux qualifications “bilingue, courant, intermédiaire” qui correspondent mieux à la réalité et permet au recruteur de se faire une idée de votre niveau. Ne trichez pas ! La mention “bilingue” ne peut s’employer que si vous l’êtes vraiment. Pensez qu’un test de langue suivra sûrement le premier entretien. Enfin, évitez de citer une langue dont vous n’avez que des notions suite à vos dernières vacances passées dans le pays en question.

Réussir son CV : la mention des logiciels

Il n’est pas utile de préciser les logiciels qui coulent de source et que vous devez maîtriser tels “Word, Excel, Powerpoint”. Les indiquer dans un CV pour un poste de direction par exemple serait absurde. Par contre pour tous les métiers basés sur la connaissance d’outils spécifiques tels Autocad, Revit, 3D Studio, Photoshop etc…il est bien sûr impératif de les indiquer et de préciser votre niveau surtout si vous en inscrivez un grand nombre.

Quid des centres d’intérêt 

Voila une rubrique qui n’est pas facile à rédiger, vous aurez toujours peur d’en mettre trop ou pas assez. Mieux vaut éviter les grandes généralités type “musique, voyages, sport” qui n’apportent rien au recruteur. Choisissez une passion qui permettra de mieux vous connaitre, un sujet dont vous pourrez parler lors de l’entretien. Une exposition de vos photographies, une responsabilité citoyenne, un investissement humanitaire ou une ceinture noire de judo retiendront davantage l’attention du recruteur.

Réussir son CV avec un ou des trous

Si vous avez connu des courtes périodes d’inactivité (moins de 6 mois), il n’est pas nécessaire de les indiquer. En adoptant une chronologie par années, elles seront absorbées dans votre parcours professionnel. Par contre au delà de 6 mois, voire un an d’inactivité, il vaut mieux ne pas tricher. Indiquez comment vous avez employé cette période : voyage autour du monde, bénévolat, stage à l’étranger, formation dont vous rêviez….

A suivre “Les 10 erreurs à éviter dans un CV”

Les points clés pour optimiser son profil LinkedIn

optimiser son profil LinkedIn

Comment optimiser son profil LinkedIn pour être plus visible par les recruteurs ? Quelques points clés à ne pas négliger!

Optimiser son profil LinkedIn en le personnalisant à son image

Pour optimiser son profil LinkedIn, la photo est indispensable. Les profils qui affichent une photo sont 7 fois plus consultés que les profils anonymes. Nous vous conseillons de choisir une photo récente, qui reflète votre univers professionnel et non votre univers privé. N’hésitez pas à sourire!

Optimiser son profil LinkedIn avec un titre clair et attractif

Le titre du profil est le critère le plus important pour optimiser son profil LinkedIn : il apparait juste en dessous de votre nom sur LinkedIn et dans la recherche Google. Votre titre par défaut est votre fonction actuelle. Vous pouvez le modifier pour mettre en avant la description de vos fonctions. Insérez également un élément de localisation. Privilégiez le lieu de votre travail plutôt que votre domicile. Il est aussi important de choisir le secteur d’activité dans lequel vous souhaitez être référencé. Cela va permettre de vous trouver plus facilement.

Optimiser son profil LinkedIn et le transformer en véritable CV en ligne

Votre profil LinkedIn est en fait bien plus qu’un CV, il vous permet de présenter vos compétences, vos qualités et vos réalisations. Autant d’éléments qui font votre singularité. Pour le rédiger, inspirez vous des profils de professionnels de votre secteur.

Ayez également à l’esprit que LinkedIn est un réseau social. Humanisez votre présentation en faisant référence à vos passions, centres d’intérêts et les associations dans lesquelles vous vous investissez.

Votre profil LinkedIn : le meilleur moyen de vous contacter

Pour optimiser son profil LinkedIn, il faut faciliter l’accès a toutes les informations qui vont permettre à l’internaute qui visite votre profil de vous identifier et vous contacter facilement. Tout d’abord,  dans le menu des préférences, sélectionnez l’option pour rendre votre profil visible à tous. Pour espérer être visible dans les recherches LinkedIn, vous devez également penser à ajouter des mots-clés sur votre profil. Choisissez 2 ou 3 mots-clés qui vous défissent et insérez-les dans le titre, le résumé et le descriptif de votre expérience.

N’hésitez pas à indiquer directement votre adresse email dans le corps de votre présentation. Les recruteurs pourront ainsi vous contacter plus facilement.

Optimiser son profil LinkedIn d’une couche “Sociale” en sollicitant des recommandations

Le meilleur moyen d’optimiser son profil LinkedIn est d’apporter la preuve de vos compétences. Focalisez vous sur 5 à 10 compétences clés de votre univers professionnel et sollicitez les recommandations de vos relations de proximité et de qualité.

Des questions ? Un avis sur cet article ? Partagez les !

Réussir son CV

Young smiling woman holding her resume and applying for a job

Réussir son CV, c’est donner autant d’importance à la présentation qu’au contenu. Le point le plus important à ne jamais perdre de vue c’est qu’il soit facilement lisible pour le recruteur. Votre formation, vos principales expériences, vos points forts doivent lui sauter aux yeux. N’oubliez pas, un recruteur reste moins de deux minutes sur chaque CV qu’il consulte !

Réussir son CV : ni journal intime, ni carnet de bord !

L’objectif est d’obtenir un entretien donc il faut convaincre le recruteur que vous êtes la personne qu’il recherche. Vous ne devez donc pas raconter toute votre vie et il faut savoir hiérarchiser les informations et ne retenir que les éléments essentiels de votre parcours. Inutile de raconter le stage que vous avez effectué en 3e ou votre job de garçon de plage au mois d’août.

Réussir son CV : misez sur le trio gagnant expérience, formation, informations complémentaires

L’ordre dépend de votre expérience. Vous êtes junior, vous mettez votre formation en avant car c’est souvent ce qui va retenir l’attention du recruteur. Ensuite après plusieurs années d’expérience, l’expérience passe en premier. Sauf si votre diplôme est rare et/ou très reconnu, vous pouvez le mettre en sous-titre : Ingénieur TCE diplômé de telle école.

Pour chaque poste, il est important de détailler vos tâches et responsabilités.

Réussir son CV en remontant le temps

Les dernières expériences doivent toujours être placées en haut et ensuite vous remontez le temps. Si vous êtes très expérimenté, vous ne parlez que des postes les plus récents. Ce que vous faisiez il y a vingt ans n’intéresse pas le recruteur. Evidemment faire tenir le tout sur une seule page est le must, mais pas une obligation.

Réussir son CV avec une présentation sobre

Police classique, pas plus de trois tailles de caractères différents, un peu de gras mais sans plus et pas d’italique, peu lisible. Un titre clair en haut de la page est essentiel en rapport avec vos expériences et le poste recherché. Mettre votre âge et non votre date de naissance, le recruteur n’aime pas calculer ! Par contre la photo est inutile et peut desservir.

A suivre…

Regards croisés France / Chine : Portrait de l’architecte Wang Yingbo 1/2

La passion pour la gastronomie et l’œnologie a incité Wang Yingbo, architecte DPLG, à développer son intérêt pour la culture française. Il fait partie de ces personnalités rares capables d’absorber deux cultures sans jamais les oppose, ni les comparer. La Chine, comme la France composent – avec leurs spécificités – la richesse de son univers. Wang Yingbo nous dévoile au cours d’une visite sur le chantier de la rénovation du musée de l’Homme, dont il est en charge, son point de vue sur ces questions.

Votre passion pour la France remonte-t-elle à l’enfance ?

Je suis né en Chine, dans la province du Fujian, juste en face de Taïwan. La réforme économique a commencé dans cette région du sud-est car il y existe une tradition forte d’import-export. Nous avons l’habitude de côtoyer d’autres cultures. Cependant, je n’avais absolument pas imaginé qu’un jour je viendrai vivre en France et aussi longtemps.

Comment avez-vous envisagé d’entreprendre des études pour devenir architecte ?

Mon frère aîné, graphiste, m’a beaucoup influencé. Nous dessinions beaucoup ensemble, c’était à la fois agréable et très formateur. Comme j’avais des facilités à l’école, l’équation dessin + goût pour les études = architecture, s’est imposée comme une évidence. J’ai suivi mes études à l’université de Zhejiang où j’ai obtenu mon diplôme en 2001.

Où avez-vous commencé à travailler ?

Comme nombre de mes compatriotes, j’ai débuté ma vie professionnelle par un stage de six mois en 4ème année. Je l’ai effectué à l’Institut de conception et de recherche en Architecture en 1999 à Shanghai. J’avais également des amis qui suivaient des cours à l’Alliance française et cela m’a incité à les imiter. La découverte de la langue française est très rapidement devenue un plaisir, pas un outil. Il faut dire que j’ai aussi suivi d’autres activités et cours proposés par l’institut, en cuisine et en œnologie notamment, car ma seconde passion après l’architecture, c’est la gastronomie.

C’est étonnant! Comment réussissez-vous à intégrer votre seconde passion dans votre vie quotidienne ? Etes-vous influencé par la gastronomie chinoise ou française ?

J’assure tout ce qui a trait de près ou de loin à l’alimentation au sein de ma famille. Toutes les gastronomies m’intéressent. J’ai une approche plutôt méthodique. La première étape consiste à acquérir les bases de la bonne gastronomie chinoise, française, mais aussi italienne et japonaise. La seconde correspond au développement de mon propre univers culinaire. En cuisine, comme en architecture, il me semble nécessaire d’intégrer les bases de chaque métier et de beaucoup travailler avant d’envisager une approche plus personnelle.

Revenons à l’architecture, vous êtes venu en France, juste après avoir obtenu votre diplôme d’architecte en Chine?

J’ai obtenu mon diplôme en 2001. Ensuite, j’ai travaillé pendant un an sur des concours pour le compte de l’agence Changsheng à Hangzhou. C’était intéressant car les projets étaient stimulants. Cependant j’étais jeune, et ayant suivi les cours à l’Alliance française, j’ai pensé que c’était l’occasion ou jamais de mettre à profit tout cela. Mon mémoire de diplôme en Chine portait sur l’acoustique d’un théâtre, je me suis donc inscrit en DESS « Ambiance, confort et architecture », à l’école d’architecture de Bordeaux. C’était un choix qui me semblait s’inscrire en adéquation avec mon parcours initial et cela me permettait de comparer différentes méthodologies en acoustique. J’ai obtenu mon diplôme en 2003.

Pourquoi avoir choisi de vous établir à Bordeaux ?

C’est une ville de rêve qui me permettait d’allier mes deux passions : architecture et gastronomie. Vous me direz que j’aurais tout aussi bien pu aller à Dijon. Mais j’ai grandi au bord de la mer, j’ai besoin d’être proche de ce type d’atmosphère… les ports, les marchés aux poissons, les mouvements liés à toutes ces activités m’enchantent.

Quelle a été votre première image de la France ?

A peu de choses près, la France ressemblait à ce que j’avais imaginé en Chine. Mais il faut dire que j’étais très bien préparé. Ce qui est vraiment nouveau, en revanche, c’est la communication avec autrui. C’est effectivement différent.

Insertion des jeunes diplômés : l’étude 2013 de l’APEC

insertion des jeunes diplômés

Quel est l’état de l’insertion des jeunes diplômés en France ? Que ce soit dans l’architecture, dans le bâtiment, les métiers du design ou le reste de l’économie, la situation de l’insertion des jeunes diplômés reste stable dans l’hexagone. Analyse de la dernière étude de l’APEC.

Insertion des jeunes diplômés en 2013 : 63% occupent un emploi

D’après l’APEC, le taux d’insertion des jeunes diplômés est resté stable à 63% en 2013 comparé à 2012. Ce sont ainsi plus de 6 étudiants sur 10 titulaires d’un bac+5 ou plus qui ont trouvé un emploi. Cette stabilité se retrouve également malheureusement dans l’opposition des disciplines scolaires, entre d’une part les disciplines plus professionnalisantes de type commercial, gestion ou informatique qui observent un bon taux d’insertion et d’un autre côté des disciplines plus fondamentales. De la même façon, on observe toujours cette opposition entre les titulaires d’un master universitaire et les étudiants sortant d’écoles d’ingénieurs et d’écoles de commerce – au détriment des premiers.

Insertion des jeunes diplômés : quels postes ?

L’insertion des jeunes diplômés n’est pas la même pour tout le monde également. Le poste d’entrée dans l’entreprise varie  selon les disciplines. Ainsi, les disciplines scientifiques ont toujours la côte parmi les recruteurs. Ce sont ainsi entre 7 et 8 titulaires de diplômes scientifiques qui deviennent cadres en entreprise. A l’opposé, les diplômés en langue ne sont que 1 sur 10 à accéder au statut de cadre.

Quel est contrat pour les jeunes diplômés à leur arrivée dans l’entreprise ?

L’insertion des jeunes diplômés n’est pas égalitaire quant au contrat de travail. Par exemple, les diplômés issus des sciences technologiques ou qui ont suivi un parcours en commercial-marketing sont ainsi 7 sur 10 à accéder à un CDI contre seulement 25% pour les étudiants issus des sciences humaines. Cette dernière différence dans l’attribution des contrats de travail s’explique aussi par le fait que les étudiants en sciences humaines se dirigent davantage vers le secteur public qui a plus vocation à embaucher en CDD que le secteur privé.

Insertion des jeunes diplômés : que salaire ?

Bonne nouvelle pour les jeunes diplômés : leur rémunération à l’embauche progresse d’environ 2 % cette année. le salaire moyen atteint 29 400 € annuel brut et le salaire moyen (le salaire qui sépare en deux d’un côté les salaires qui gagnent plus de ceux qui gagnent moins) atteint quant à lui 28 700 € annuel brut.

Là encore, côté salaire, il y a de forts écarts constatés : un diplômé dans les secteurs de la technologie peut gagner jusqu’à 60 % de plus qu’un diplômé issu des sciences humaines. On constate également des inégalités de salaire structurelle entre public et privé au détriment du public pour qui la rémunération moyenne est inférieure d’un quart au privé.

 

Source : étude de l’Apex sur l’insertion des jeunes diplômés en 2013, octobre 2014 : http://jd.apec.fr/Emploi-stage/Marche-Emploi/Les-Etudes-Apec/Les-etudes-Apec-par-annee/Etudes-Apec-2014/Les-jeunes-diplomes-de-2013-situation-professionnelle-en-2014/63-des-jeunes-diplomes-de-2013-occupent-un-emploi