Portrait de Samson Ngov : A l’international, de la maîtrise d’oeuvre à la maîtrise d’ouvrage

Samson Ngov

Le parcours de Samson Ngov est international par essence et architectural par expérience. Ses parents d’origine chinoise s’installent à Paris et créent dans les années 1990 une entreprise générale de bâtiment. Enfant, un livre illustré de la construction d’une maison le passionne. Adolescent, des visites régulières sur les chantiers familiaux deviennent sources de premiers emplois. Après avoir suivi une filière Arts appliqués au lycée, Samson Ngov est reçu en 1996 à l’école d’architecture de Paris Belleville. Alors qu’il avait baigné dans une culture franco-française, la rencontre d’étudiants asiatiques en échange à l’école l’interpelle : une autre manière d’exercer l’architecture existe et l’attire intensément. Il part en mobilité internationale à Hong-Kong. Aidé par ses origines sans toutefois encore parler chinois, il s’adapte en mettant en perspective les modèles d’enseignement européen et asiatique, en intégrant leurs codes et une autre vision architecturale.

10 ans entre deux continents

Samson Ngov ne perd pas ses valeurs accordées au métier : « construire pour le bonheur des Hommes ». Dès la fin des études il travaille chez Alain Derbesse à Paris sur un projet de grande envergure à usages mixtes à Monaco. Cette expérience motivera les suivantes : organiser un complexe immobilier constitué de logements, bureaux, centre commercial, parkings, s’avère une compétence utile à l’international. Décidé à repartir à Hong Kong, il devient chef de projet chez David C Lee Design : « les titres en Asie ça va très vite, c’est très marketing ! », puis il revient à Paris,  et intègre le prestigieux groupe japonais d’ingénierie et de construction Takenaka. Son dirigeant, Georgios Kanavakis, est un confrère diplômé de Belleville : il forme Samson Ngov au développement de détails constructifs pendant deux ans. Motivé à revivre en Asie, il contacte ArchiBat RH, qui le met en relation avec la compagnie turque Era Architecture à Shanghai. Il devient chef de projet de centres commerciaux entre Istanbul et la Chine pendant un an. Il entre ensuite à la compagnie libano-belge AOS Studley à Shanghai. Le marché au moyen Orient se développant, l’entreprise l’envoie entre Dubaï et le Qatar, expérience culturellement complexe, qui le ramène durablement en Chine. S’ensuit une tentative de création d’agence et un poste de chef de projets d’hôtels de luxe pendant deux ans chez Duncan Miller Ullmann, filiale d’une société texane à Shanghai. Walt Disney Imagineering fait alors appel à lui pour concevoir et réaliser des parcs à thèmes. Connaisseur du marché local, ses compétences techniques, linguistiques et ses rêves d’enfant coïncident avec l’attente du groupe et il contribue au développement de la qualité Disney pendant trois ans.

Actuellement, Samson est employé chez Banyan Tree Hotels & Resorts à Shanghai. Tous les jours, il est mis au défi de « faire fonctionner une machine entière en maîtrisant chaque rouage de son mécanisme interne » : comment dimensionner une cuisine adaptée à la fréquence d’utilisation ? Comment anticiper les coûts de fonctionnement ? Quels matériaux locaux privilégier pour la construction ?

En charge d’une trentaine de resorts hôteliers pour la compagnie Singapourienne Banyan Tree Hotels & Resorts, il combine, dans les coulisses du luxe, ses compétences de concepteur, constructeur, et design manager jusque dans les moindres détails.

Portrait réalisé par Laura Rosenbaum, architecte DEHMONP, 3ème année de thèse de sociologie sous la direction de Guy Tapie, laboratoire PAVE, ensapBx, associé au Centre Emile Durkheim, Université de Bordeaux